Agir contre un abus liturgique

Dans l’Eglise catholique, la très sainte Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne.
De nos jours les chrétiens sont beaucoup plus mobiles que par le passé et ils y participent dans leurs divers lieux de vie, où la messe est habituellement célébrée selon le rite romain, mais avec des différences ou des particularités qui, parfois, choquent leur sensibilité. Dans pareil cas, il est important de pouvoir objectiver ce qui est juste et bon, car la loi de l’Eglise évolue et tient compte des spécificités locales. En ce qui concerne la sainte Eucharistie, l’un des documents de référence est l’instruction « Redemptionis sacramentum » qu’a publiée la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur « certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie. »

Ce document du 25 mars 2004 présente les principales règles applicables pour :
• les acteurs de l’Eucharistie : le célébrant, les concélébrants, les diacres et les laïcs,
• les lieux et les ornements liturgiques, les vases sacrés, les vêtements liturgiques,
• les rites de la prière eucharistique, de la messe, des processions du Saint Sacrement, les célébrations en l’absence de prêtres,
• la manière de donner et recevoir la sainte communion,
• la sainte réserve et la communion portée aux malades etc.
En cas de doute, les chrétiens peuvent facilement s’y référer puisque l’instruction est disponible en ligne, à l’adresse.
En effet, la Congrégation romaine considère que, « dans certains lieux, le fait de commettre des abus dans le domaine liturgique est même devenu un usage habituel ; il est évident que telles attitudes ne peuvent être admises et qu’elles doivent cesser. »

Dans cette perspective, la Congrégation rappelle que, « là où les abus persistent, il faut procéder selon les normes du droit, pour sauvegarder le patrimoine spirituel et les droits de l’Église, en ayant recours à tous les moyens légitimes. » Elle indique par ailleurs : « Selon les possibilités de chacun, tous ont le devoir de prêter une attention particulière à ce que le très saint Sacrement de l’Eucharistie soit défendu contre tout manque de respect et toute déformation, et que tous les abus soient complètement corrigés. Ce devoir, de la plus grande importance, qui est confié à tous et à chacun des membres de l’Église, doit être accompli en excluant toute acception de personnes. »

En pratique, lorsqu’un un abus est commis dans la célébration de la sainte Liturgie, il convient d’en apprécier la gravité à la lumière de l’instruction en distinguant :
• les délits majeurs (graviora delicta), réservés à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi» ,
• les délits graves qui mettent en danger la validité et la dignité de la très sainte Eucharistie, et qui sont définies précisément dans l’instruction
• les autres pratiques déviantes qui mettent en danger la validité et la dignité de la très sainte Eucharistie,
Il s’agit alors :
• d’informer le prêtre qui a peut-être agi par ignorance,
• au cas où l’abus se reproduit, informer rapidement l’évêque, en s’inspirant du modèle ci-dessous ,
• L’évêque doit alors conduire une enquête et faire cesser l’abus mais, au cas où celui-ci se reproduirait au terme d’une période de trente jours après la réception du courrier par l’évêque , il convient d’écrire dans les quinze jours à la Congrégation compétente avec une lettre du type ci-dessous , dont copie sera adressée à l’évêque.
• au cas où la congrégation ne répond pas au bout de trois mois après la réception de la lettre, et que l’abus demeure, il convient alors d’écrire dans les quinze jours au Tribunal suprême de la Signature apostolique avec une lettre du type ci-dessous.

Normalement, l’abus aura dû cesser.
Si un abus est constaté par rapport à un autre sacrement, on pourra adopter une démarche similaire, par analogie avce la présente procédure