Mediation

Le droit canonique suggère de recourir aux efforts des sages pour éviter les conflits (Cf. c. 1446 ou 1733).

Canonistes sans frontières se situe pleinement  dans cette perspective en étant partenaire de  la semaine euro-africaine de la médiation et du changement et en organisant la journée « Religions, conflits et médiations » le 21 février 2019 au Centre Culturel saint Paul d’Abidjan sous la présidence de Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori au Burkina Faso.

Dans la société civile, de nombreux magistrats, avocats et médiateurs considèrent la médiation comme la justice du XXIème siècle. Tel est également notre point de vue, car la justice classique prononcée par un juge ou un arbitre, voire proposée par un conciliateur, apporte une solution équitable à un litige entre des personnes et/ou des  groupes, mais elle ne règle pas le conflit entre les parties qui est à l’origine du litige.

Ainsi la justice classique ne semble pas appropriée à l’Église, car son objectif n’est pas tant de régler les litiges en rétribuant chacun selon son dû, mais plutôt de créer et/ou de maintenir la communion entre les frères et avec la hiérarchie de l’Église.

De plus, il ne semble pas opportun d' »éviter les conflits » en faisant semblant d’être d’accord alors qu’on ne l’est pas, ou en étouffant les revendications quand elles s’expriment. Nous dirions quant-à nous que l’Église doit découvrir l’importance des conflits dans la construction humaine et sociale. _Jésus n’a-t-il pas dit : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. »

Il nous semble au contraire important d’éviter la violence et la rupture des relations, en saisissant l’opportunité des conflits pour créer une  communion plus profonde entre les personnes et avec la hiérarchie.

Pour ce faire, la médiation joue un rôle fondamental, comme le montrent les pages suivantes :

Voici un exemple de médiation traditionnelle dans le village de Duquesne-Crémone, près d’Adzopé en Côte d’Ivoire, qui nous semble instructif pour le droit canonique : Si un homme est convaincu d’adultère, lui-même et sa maitresse seront convoqués par le chef du quartier et, en l’absence de solution, par le chef du village et les anciens. Une fois la médiation conclue, l’homme devra payer une amende de 50 000  FCFA (soit 75 €) au mari trompé et offrir un mouton qui sera dégusté par les villageois, lors d’une cérémonie de réconciliation, avec la présence obligatoire de la femme adultère, du mari trompé et de l’amant repentant.