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ParYves Alain

6.2. Secrets des avocats, des arbitres et des juges

source = http://www.misesoustutelle.com/juge-des-tutelles/

Si l’un des conjoints se sent victime de l’autre et s’il ne parvient pas à se faire entendre, sa tendance naturelle est d’aller chercher un tiers qui va lui donner raison contre l’autre.

Il s’adressera ainsi à un proche pour l’appeler à son secours, à un arbitre ou un juge pour qu’il lui donne raison ou, dans un premier temps, à un avocat qui va plaider sa cause auprès du juge, voire à un détective qui va recueillir des preuves contre son conjoint.

Distinguons en effet :

  1. l’arbitre, choisi d’un commun accord par les conjoints, pour élaborer un compromis qu’ils s’engagent d’avance à respecter ;
  2. le juge, qui impose une solution selon le droit.
  3. L’avocat qui n’a pas de pouvoir de décision mais qui, en préparation et au cours de toute procédure judiciaire, est investi, d’une double mission d’assistance juridique et de représentation vis-à-vis de ses clients.

Ainsi, dans les sociétés dites développées, les conjoints font souvent appel à des avocats[1] ou des juges aux affaires familiales pour « mener à bien » une procédure judiciaire aboutissant à une séparation (séparation de corps, divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal, divorce par consentement mutuel),  puis éventuellement une autre procédure pour faire respecter les obligations de pension alimentaire (CEEE), de garde alternée ou autre.

Cette manière de procéder résulte souvent d’une attitude guerrière, qui part du principe que l’on a raison, que l’autre a tort, et qu’un tiers va lui faire entendre raison. Nous verrons plus loin que cette situation ressemble fort au triangle dramatique de Karpman, ou le conflit continue longtemps sans s’apaiser véritablement. Il existe d’autres positions qui consistent à rechercher un accord, et/ou à faire un travail sur soi-même, pour mieux objectiver ce qui se passe, comprendre les parts de responsabilité respectives, et devenir moins dépendant de l’autre.

Pour comparer les deux approches, le philosophe Paul Ricoeur estime que l’intervention du juge est bien adaptée à la finalité courte de l’acte de juger, qui est de « trancher le litige » tandis que la médiation est mieux adaptée à sa finalité longue, qui est de « contribuer à la paix sociale », en traitant du conflit qui a engendré le litige.

Dans le même esprit, Béatrice Brenneur[2], présidente de GEMME France, la section française du groupement des magistrats médiateurs européens, considère que le recours au juge est souhaitable quand le rapport de forces est inégal, par exemple lors qu’une femme est battue, quitte à ce qu’une médiation ait lieu entre le dépôt de la procédure judiciaire et le jugement, sachant que la perspective d’une condamnation rétablit l’équilibre des forces, et donc un accord équilibré possible.

Si l’on ne parvient pas à s’entendre par la négociation et que l’on a choisi une autre voie que celle du procès contentieux, on fera alors appel à des professionnels de l’accompagnement, en commençant par les thérapies individuelles, qui visent principalement à aider une personne à retrouver sa pleine santé physique et morale, sans nécessairement s’intéresser à sa relation conjugale.


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[1] Il y aurait, en France plus de 50 000 avocats, soient près d’un pour 1000 habitants, dont la majorité sont des femmes. Parmi eux, certains gagnent bien leur vie, tandis que d’autres ont du mal à trouver suffisamment de clients pour vivre de leur métier. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles une part croissante des avocats se forme à la médiation, pour ne pas laisser échapper à d’autres le marché correspondant.

[2] Béatrice Brenneur, La médiation pour tous, Médias et participations,

ParYves Alain

6.4. Secrets des coaches

Souèrce = humanresourcesblog.in

Outre la thérapie, l’accompagnement personnalisé est pratiqué depuis des temps immémoriaux, avec des grands maîtres comme Socrate, dont le questionnement aidait les membres de l’Académie à réfléchir et à se prendre en main.

L’accompagnement psycho-spirituel[1] est un espace de confiance, confidentiel et sans jugement qui s’adresse à toutes personnes, athées, agnostiques ou de différentes religions qui ressentent le besoin de considérer leur existence autrement qu’uniquement au travers ce qu’elles peuvent voir ou toucher. C’est une invitation à prendre du recul et à s’ouvrir à une autre dimension, sans rite ou dogme religieux, mais à partir de ce qui questionne, blesse, déchire ou  intrigue. Dans les religions, l’accompagnement spirituel vise à accompagner un frère dans sa vie d’amitié et d’union avec Dieu lui-même.

Dans le monde « développé », l’accompagnement individuel est connu sous le nom de « coaching », qui prend la forme de séances répétées d’une à deux heures, autour d’un objectif précis comme par exemple : « comment rendre heureux mon conjoint ? », voire même « comment récupérer mon ex ?[2] ».

Comme pour les autres professions, il existe des écoles de coaching, avec leurs spécificités mais aussi avec des points communs que nous allons nous efforcer de présenter, à partir de notre pratique personnelle, et du livre de François Delivré « Le métier de coach[3] ».

Une des définitions du coaching  est « l’art d’aider une personne à trouver ses propres solutions », par rapport à un problème actuel. Il se distingue du conseil et de la formation qui donnent des points de repère, de la thérapie qui n’aborde pas de problème actuel.

Suivant sa formation et ses compétences, le coach d’une personne peut intervenir à plusieurs niveaux :

  • au niveau individuel, pour traiter des problèmes intrapsychiques, c’est-à-dire les problèmes intérieurs à la personne ;
  • au niveau relationnel, par exemple la relation avec un conjoint ;
  • au niveau d’une équipe ou d’une famille, pour traiter des difficultés de management dans une entreprise ou d’éducation des enfants ;
  • au niveau politique et social, avec le coaching de dirigeants,qui nécessite d’aborder sérieusement la structure et les règles des organisations, mais aussi au niveau de la famille élargie, par exemple à l’occasion d’un héritage.

Vis-à-vis de son client, le coach adopte une double posture :

  • posture basse, où il met ses compétences au service de son client, qui reste maître de ses décisions ;
  • posture haute sur le processus de coaching, où le coach précise au départ et rappelle en tant que de besoin les règles du coaching. Il adopte aussi une position haute quand il sort de la neutralité bienveillante, pour aider le client à dépasser ses résistances conscientes ou inconscientes.

Cette double posture est délicate car elle peut donner lieu à des dérives dont le client est en partie protégé par :

  • le code de déontologie du coaching[4] qui précise les obligations respectives du coach, du coaché et, le cas échéant de celui qui paye le coaching[5] ;
  • le contrat spécifique entre le coach et le client.

Lorsqu’il exerce son art, le coach fait appel à des compétences fondamentales que François Délivré regroupe en sept :

  1. L’analyse de la demande : En explorant le contexte, le problème, le besoin et la demande, le coach distingue ces quatre niveaux de réalité et il permet au client de formuler plus précisément sa demande.
  2. L’établissement d’un contrat : il fournit un cadre sécurisant au déroulement du coaching, et une référence en cas de difficultés ;
  3. Le diagnostic initial : il permet au coach de définir une stratégie d’intervention, en cernant la personnalité de son client, en repérant les croyances enfermantes, et en prévenant les jeux psychiques  qui risquent se jouer au cours du travail ;
  4. Le cadre de référence : il permet au coach d’objectiver le mode de fonctionnement de son client et le sien, pour répondre à chaque moment à la question de l’interventionnisme ou non, c’est-à-dire savoir s’il est plus profitable au client de poursuivre dans son mode de fonctionnement ou de s’en voir proposer un autre ;
  5. Le contenu, le processus et le sens : tout au long du travail, le coach exerce une triple écoute de ce que dit le client, de ce qu’il montre et de la manière dont cela résonne en lui. Il repère d’éventuels processus parallèles et s’efforce d’aider le client à trouver ou rétablir une harmonie interne en alignant le mieux possible ses comportements, ses capacités, ses croyances et ses valeurs et ses missions[6].
  • L’accompagnement au changement : le coach accompagne le client dans le deuil du passé et dans la construction du présent et du futur, en sachant distinguer si le changement désiré nécessite des évolutions successives ou une révolution profonde ;
  • L’invitation à l’autonomie : le coach sait repérer les jeux psychologiques qui balisent sa relation avec le client[7] et il sait lui donner les signes de reconnaissance, les permissions dont il a besoin, sans que ses propres besoins n’interfèrent dans l’évolution de son client.

Dans son travail quotidien, le coach pratique :

  • le questionnement et la reformulation, permettant d’extraire du contenu communiqué le sentiment inhérent aux paroles du client et de les lui communiquer sans les lui imposer ;
  • la métacommunication, c’est-à-dire communiquer sur la relation de coaching, en disant par exemple : « il me semble que nous tournons en rond »
  • l’expression des signes de reconnaissance positifs ou négatifs, conditionnels et inconditionnels ;
  •  les recadrages du point de vue, en montrant au client qu’il y a plusieurs façons de voir, du comportement, en soulignant ce qu’il y a d’intentions positives,  et du sens, en soulignant qu’il peut y avoir plusieurs significations, suppositions et interprétations d’un comportement donné ;
  • Les confrontations, pour s’opposer aux contradictions du client, de façon à ce qu’il puisse choisir d’évoluer ;
  • Les explicitations, en donnant des points de repère au client, pour l’éclairer sur un problème évoqué ;
  • Les interprétations, en formulant des hypothèses sur ce qui se passe, tout en laissant le client libre d’y adhérer ou pas ;
  • Les permissions et protections pour permettre au client de suivre son désir en dépassant sa peur, tout en l’avertissant des dangers à éviter ;
  • Le rire, qui permet de dédramatiser ;
  • Le silence, qui laisse le temps au client de faire son chemin pendant la séance ;
  • Les métaphores, qui permettent de sortir d’un problème trop douloureux ou trop sérieux en le ramenant à des proportions différentes « c’est comme si… »
  • La prescription du symptôme qui consiste en quelque-sorte à inoculer un vaccin au client, en l’invitant à faire consciemment ce qu’il ne peut pas s’empêcher de faire malgré lui.

Voici maintenant trois exemples d’accompagnement :

Personnellement, lorsque j’étais en formation, j’ai très souvent évoqué des situations de conflit, notamment avec mon épouse.  Chaque fois, le coach- formateur m’a invité à revivre la situation, dans un cadre sécurisé. Généralement, il jouait lui-même le rôle de l’opposant, en m’invitant à aller au bout de mes émotions de peur et de colère, de honte, de dégoût ou de surprise. Parfois-même il m’a demandé s’inverser les rôles, où c’est lui qui jouait mon rôle tandis que je devais vivre le rôle de ma compagne. Je puis vous assurer que, chaque fois, cette expérience m’a permis de voir la situation autrement et d’aborder ensuite ma compagne avec un état d’esprit différent.

Hans et Josy étaient séparés et la garde de l’enfant avait été confiée à Josy car Hans était toxicomane. Quand il revient en France, il voulut revoir son fils, mais l’avocate de Josy eut une attitude très vindicative avec des propos violents contre Hans. Grâce à un accompagnement, Hans répondit posément à l’avocat et il parvint à rester calme lors de l’audience, si bien que le juge accorda la garde alternée[8].

Une femme en colocation, s’est fait violer à Paris en 1978 par les trois « amis » de sa colocataire, venus à l’improviste. Ses agresseurs ont été punis de sept ans de réclusion elle a touché 36 500 F de dommages et intérêts, mais cela n’a rien changé à sa vie qui a été détruite. Elle s’est sentie à nouveau comme violée lors des interrogatoires et de la procédure qui ont duré deux ans. Elle vivait dans la peur de rencontrer ses agresseurs à qui elle aurait voulu montrer sa vie devenue un enfer, mais elle n’a pas pu leur parler. Pendant longtemps elle a recherché sa réhabilitation mais elle ne l’a pas trouvé dans la procédure judiciaire. Elle l’a trouvé enfin en se joignant au Centre de Médiation et de Formation à la médiation (CMFM)[9], où elle a découvert la possibilité de vider son sac d’émotions, de sentiments et de ressentiments, pour s’apaiser. Après des années de souffrance, elle a découvert combien il est nécessaire pour une personne blessée de pouvoir faire part de sa peine, de sa haine, son amour ses rancœurs, ses incompréhensions ses doutes, sa souffrance à la personne directement concernée. Elle a compris qu’il est tout aussi important d’entendre cette personne justifier ses actes en répondant la question : POURQUOI ? Elle a aussi compris que la réparation matérielle donnée par la justice était importante, mais seule une médiation avec ses violeurs aurait pu apporter la réparation morale[10].


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[1] https://www.accompagnement-spirituel.com/

[2] https://www.alexandrecormont.com/conseils/recuperer-son-ex-rapidement/

[3] François Delivré, Le métier de coach, 3ème édition, Eyrolles, 2019.

[4] Il en existe plusieurs dont celui de la SF Coach que j’utilise personnellement https://www.sfcoach.org/wp-content/uploads/2020/04/Code-D%C3%A9ontologie-M%C3%A0J-7-Avril-2020.pdf

[5] Dans le cas d’une personne en difficulté dans son couple, ce peut être un parent ou un proche qui offre le coaching à son enfant ou son ami.

[6] Cf niveaux logiques de Dilts.

[7] Il peut s’agir du phénomène classique de transfert et contre transfert.

[8] http://www.mediation-familiale.com/pem/articles.php?lng=fr&pg=15

[9] http://www.cmfm.fr/

[10] Jacqueline Morineau, l’esprit de la médiation.

ParYves Alain

6.3. Secrets des thérapeutes

source = https://meformer.com/formation-psychotherapie/

Quand on suit la foule, on se perd soi-même
mais quand on suit son âme, on perd la foule. 
Et c’est finalement lors de ce processus, que votre tribu (famille) d’âme peut apparaître. Mais pour ce faire, il ne faut pas avoir peur de la solitude[1].

De tous temps, des sages sont présents dans toutes les cultures, comme les  yogis indiens, les thérapeutes égyptiens, les philosophes grecs, les chamans animistes, les starets russes, les moines bouddhistes et chrétiens, les soufis musulmans, etc. Ces personnes qui croient généralement à une vie au-delà du visible, à une âme reliée aux énergies cosmiques, à une force intérieure de l’homme qui dépasse très largement celle de la pensée et du mental, cultivent la sagesse sont souvent recherchées pour leur capacité à aider les autres. D’autre personnes, ayant ou non une vision matérialiste du monde, sont formés à diverses techniques d’accompagnement thérapeutique.

Pour les « sages » comme pour les thérapeutes, leur art leur permet de venir en aide aux personnes qui souffrent de troubles psychologiques ou comportementaux, sachant que, dans les sociétés « développées », on estime qu’environ 20 % de la population est concernée par un trouble mental[2] plus ou moins profonds tel que l’addiction, l’anorexie, l’autisme, la boulimie, la démence, les névroses et les psychoses, la schizophrénie, les troubles bipolaires, les comportements suicidaires, les dépressions, l’hyperactivité, le stress, la démence, les TOC, etc.[3]

 Ainsi, les psychiatres, psychologues et autres thérapeutes ou sages, reconnus ou pas,  ont développé toute une gamme de thérapies à partir des apports des sciences humaines.

Il en existe un grand nombre de thérapies[4], plus ou moins longues, individuelles ou en groupe, accompagnées ou non de médicaments psychotropes, prises en charge ou non par les pouvoirs publics :

  • Certaines thérapies longues, comme la thérapie analytique (psychanalyse) visent à modifier en profondeur l’ensemble d’une personnalité ;
  • Les thérapies comportementales et cognitives ont pour but de modifier un comportement qui gâche la vie d’une personne. Leur principe consiste à retrouver le  conditionnement, qui a induit le comportement et à aider la personne à s’en libérer ;
  • Les méthodes de développement personnel, basées sur la psychologie et la philosophie, la diététique et la pratique du sport, voire l’ésotérisme visent à la transformation de soi  pour se défaire de certains aspects pathologiques (phobie, anxiété, déprime, timidité), ou pour améliorer ses performances.

Sans souci d’exhaustivité, voici quelques techniques employées par les thérapeutes, telles que présentées lors du congrès mondial de psychothérapie de l’UNESCO de 2017, du colloque « Se guérir » de septembre 2019 à Paris[5] ou du sommet de la conscience[6].

Volontairement, nous n’avons pas séparé les techniques applicables aux thérapies de couple proprement dites, qui nécessitent l’accord des deux conjoints[7]  et les thérapies individuelles qui peuvent être entreprises par un conjoint seul, sachant qu’il est possible de sauver son couple en changeant soi-même, tandis qu’il est illusoire de vouloir changer l’autre.

1. Les gymnastiques orientales, issues des arts martiaux, se développent actuellement avec un large éventail de de techniques favorisant la concentration, la relaxation, le bien-être. Il s’agit notamment du Yoga, du Tai Chi chuan, du Qi Gong, le Shiatsu, du Wutao, du Feng Shui, etc. Ces techniques, qui aident à prendre du recul par rapport au quotidien, peuvent contribuer à apaiser les conjoints et donc les relations dans le couple.

2. Les quatre accords toltèques, issus de la culture ancestrale mexicaine, ont été conceptualisés par Don Miguel Ruiz[8] :

  • Que votre parole soit impeccable.
  • N’en faites jamais une affaire personnelle.
  • Ne faites aucune supposition.
  • Faites toujours de votre mieux.

Ils peuvent aussi être enseignés aux enfants[9]

3. Le développement personnel, est apparu en France dans les années 1920 et 1930 avec Emile Coué (1857-1926), puis aux Etats-Unis avec Dale Carnegie, (1888 –1955) qui ont chacun écrit des best-sellers permettant aux vendeurs et  à d’autres d’obtenir des résultats tangibles. Ces techniques de développement personnels ont été largement reprises par divers courants de pensée et régulièrement mis à jour avec un ensemble de techniques visant à des vies plus efficaces.

4. La méthode Vittoz[10], développée en Suisse par le docteur Vittoz dans les années 1900, permet une rééducation du contrôle cérébral est une méthode de synthèse et de restructuration : entre les deux principales fonctions du cerveau: la réceptivité et l’émissivité, au moyen d’exercices simples et pratiques, que l’on intègre dans la vie courante. Elle est fonctionnelle : elle redonne au cerveau sa souplesse, réactive les fonctions naturelles et ainsi permet de retrouver l’équilibre psychique. Cette méthode est basée sur le fait que le cerveau ne peut en même temps recevoir et émettre. Il suffit alors d’être dans la réceptivité pour mettre au repos l’autre fonction du cerveau : l’émissivité. Une des particularités de la méthode a été la découverte de « vibrations cérébrales » ou « ondes cérébrales ».

Figure 21 Cerveau droit, cerveau gauche[11]

5. La gymnastique holistique[12] développée par Lily Ehrenfried dans les années 1930 aide à modifier positivement ses attitudes corporelles, sachant qu’il en résulte toujours des conséquences psychiques durables.

6. L’écoute active : conçue par Karl Rogers dans les années 1950[13], elle permet de mieux comprendre un interlocuteur en approfondissant le débat par des questionnements bienveillants lui permettant de préciser des informations imprécises ou approximatives (que voulez-vous dire exactement ?) ou en l’invitant à réfléchir sur les raisons profondes de ses affirmations subjectives (Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que… ?)

7. L’approche systémique : mise au point par l’école de Palo Alto, aux USA dans les années 1950, elle permet de modéliser un système complexe, en repérant tous les acteurs et les facteurs importants qui influencent une opinion ou une décision.  [14]

8. L’analyse transactionnelle : mise au point par Eric Berne, médecin psychiatre américain vers 1950, cette technique très puissante analyse les relations entre les personnes, en distinguant les différents états du moi (adulte, parent normatif, parent nourricier, enfant soumis, enfant rebelle, enfant libre), les différents types de transactions (parallèles, croisées, tangentielles, piégées), les différents scénarios hérités (sois fort, fait plaisir, sois parfait, dépêche-toi…) ou inventés. [15]

9. La Gestalt-thérapie : née aux USA en 1952 par les Allemands Fritz et Laura Perls, elle s’intéresse aux interactions constantes de l’être humain avec son environnement et, en particulier, à la manière dont cette interaction se cristallise parfois (confluence, introjection, projection, rétroflexions, déflexions…)

10. Les six attitudes de Porter : Dans les années 1960, Elias Porter a distingué six grands types d’attitudes spontanées dans la conversation[16]. Parmi elles l’attitude empathique, proche de l’attitude de compréhension, convient particulièrement au médiateur qui mobilise toutes ses capacités pour comprendre le mieux possible ce que les parties vivent et ressentent. [17]

11. L’étiopathie, développée en France par Christian Trédaniel, postule que de nombreuses pathologies ont pour origine une perte de mobilité d’une articulation d’une vertèbre ou d’un organe divers. Elle vise à leur redonner la mobilité d’origine par des manipulations telles que pratiquées dans l’ostéopathie.

12. Le focusing, créé par le psychologue américain Eugène Gendlin, est basé sur l’écoute du senti corporel. Il invite à tourner son attention vers les sensations, les émotions, les réactions face à certaines situations pour prendre conscience des blocages et laisser émerger des solutions

13. La communication non-violente (CNV) : mise au point par Marshall B. Rosenberg aux USA dans les années 1970, c’est une forme élaborée de la politesse qui permet à des interlocuteurs en conflit de renouer un dialogue entre eux. Le médiateur l’utilise vis-à-vis des parties pour construire et développer la confiance avec eux. (Ex : donner son sentiment personnel plutôt que d’accuser l’autre) [18]

14. La programmation neuro linguistique (PNL) : mise au point par Richard Bandler et John Grinder aux USA vers 1975, elle vise à améliorer la communication entre individus en modélisant le savoir-faire et le savoir-être pour le retransmettre à d’autres. Elle est basée sur des processus de modélisation, sur différents modèles identifiés et sur une certaine façon de regarder le monde en entrant dans la logique de l’autre de façon à pouvoir dialoguer. Dans les années 1980, Robert Dilts compléta la méthode en formalisant les niveaux logiques permettant d’analyser un problème sous différents aspects (environnement, comportement, capacité, croyances, identité, convictions) et de construire, par-là-même, une solution qui soit adaptée[19]. [20]

15. La thérapie relationnelle Imago[21], développée aux USA dans les années 80 par Harville Hendrix Ph.D. et Helen LaKelly Hunt Ph.D. Elle vise à développer une relation de plus en plus consciente qui permet de dépasser l’imago des partenaires, c’est-à-dire l’image et la mémoire qui contiennent les caractéristiques positives et négatives de leurs parents ou des personnes qui ont pris soin d’eux enfant, et de leurs attitudes à leur égard[22].

16. Les constellations familiales[23] sont une méthode de thérapie familiale trans générationnelle développée dans les années 1990 par Bert Hellinger, ancien prêtre allemand devenu psychothérapeute, basée sur la mise au jour de l’inconscient familial par le biais de jeux de rôles et de psychodrames. Cette méthode peut contribuer à résoudre des conflits dans le couple ou ailleurs car : « notre système familial limite ou sublime notre capacité à être heureux, libres de faire nos choix, d’accomplir notre mission de vie, atteindre nos buts  développer et maintenir des relations agréables, être en bonne santé ou non, réussir en affaires, etc… » [24]

17. Processwork[25], Créé en 1983 par Arnold et Amy Mindell, le Processwork est une méthode d’accompagnement des personnes impliquées dans un conflit intérieur, interpersonnel ou sociétal. Proche des Constellations, cet outil est très puissant pour faire émerger les informations cachées et pour permettre aux protagonistes de prendre conscience des différents points de vue, y compris les signaux faibles rarement verbalisés.

18. EMDR[26], Découvert en 1987 par Francine Shapiro, l’EMDR est un moyen simple de stimuler un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun, qui permet de retraiter des vécus traumatiques non digérés, à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants.

19. EFT : La technique de liberté émotionnelle, est une psychothérapie fondée aux Etats-Unis en 1993 par l’ingénieur Gary Craig. Elle consiste en une méthode très simple visant à gérer les émotions perturbatrices du quotidien en tapotant sur des endroits précis, situés sur les méridiens du corps, comme indiqué dans des livres gratuits en ligne[27].

20. ATCC : (Approche et transformation constructives des conflits) : élaborée en France dans les années 2000, elle permet notamment de sortir du triangle dramatique de Karpman, et de transformer les conflits en opportunités. Cf. Institut ATCC http://atcc-institut.fr/

21. La méthode TIPI[29], est une technique d’identification sensorielle des peurs inconscientes (TIPI) ou revécu sensoriel, développée par Luc Nicon en France dans les années 2000. Il s’agit d’une méthode pratique, simple, rapide et durablement efficace pour « déraciner » les peurs qui sont à l’origine de nombreux troubles persistants tels que : l’angoisse, l’irritabilité, les phobies, les inhibitions, et les états dépressifs, la claustrophobie, le vertige, le stress… Une séance de TIPI avec un thérapeute se déroule en quatre phases :

a) Définir clairement la peur, l’émotion dont on veut se débarrasser, comme par exemple, la claustrophobie, la peur du désordre,

b) Retourner dans un souvenir précis lié à l’émotion et se plonger dans les sensations corporelles que le souvenir fait réémerger (gorge nouée, jambes coupées, mains moites, mal de ventre, rythme cardiaque différent…). Cette phase dure entre quelques secondes et quelques minutes. Elle nécessite de se mettre dans un état de total lâcher-prise (pas de résistance, pas de commentaire intérieur).

c) Court repos.

d) Retour dans la situation désagréable de départ pour voir ce qui se passe en termes de ressenti émotionnel (normalement différent).


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[1] Sagesse amazonienne.

[2] www.doctissimo.fr/psychologie/principales-maladies-psy/sante-mentale-en-france

[3] L’American Psychiatric Association classe les désordres mentaux dans un manuel statistique et de diagnostic dont la version actuelle est le DSM-5. En France, la fondation FondaMental développe des centres experts pour le diagnostic.

[4] Cf. https://www.agoracademie.com/blog/fr/dictionnaire-en-ligne/

[5] https://seguerir.fr/

[6] https://sommetdelaconscience.com/sommet-2020

[7] https://vous.bfmtv.com/psycho-sexo/10-choses-a-savoir-avant-d-entamer-une-therapie-dans-votre-couple-1266648.html

[8] https://www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?
doc=accords-tolteques

[9] https://apprendreaeduquer.fr/accords-tolteques-enfants/

[10] http://methodevittoz.ch/

[11] https://www.pinterest.fr/pin/324681454367476056/

[12] https://gymnastiqueholistique.fr/

[13] https://iedh.fr/en-savoir-plus/ecoute-active/

[14] http://unt.unice.fr/uoh/espaces-publics-places/lanalyse-systemique-des-places/

[15] Image tirée de https://mieux-etre-et-psychologies.fr

[16] http://fr.wikimediation.org/index.php?title=Les_six_attitudes_de_Porter

[17] http://myteamswings.org/index.php/2017/06/09/lexique-attitudes-de-porter/

[18] https://apprendreaeduquer.fr/drivers-analyse-transactionnelle-enfants/#post/0

[19] https://www.nlpnl.be/nlpnl/a-propos-de-nous/pnl-une-definition/

[20] https://www.nlpnl.be/

[21] https://www.youtube.com/watch?v=z78AcHv19DM&t=73s

[22] http://www.therapie-couple.org/

[23] https://fr.wikipedia.org/wiki/Constellation_familiale

[24] https://francynestemarie.com/prendre-place-grace-aux-constellations-familiales-systemiques/

[25] https://processwork.info/de-quoi-sagit-il/

[26] http://www.emdr-france.org/web/quest-therapie-emdr/

[27] https://official-eft.com/eft-pour-vous/eft-elivre-gratuit/

[28] http://atcc-institut.fr/

[29] https://tipi.pro/

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6.1. La posture de l’accompagnant

Souvent, des personnes de bonne volonté s’efforcent de venir en aide à des familles en difficulté, et notamment les proches de ces personnes et de ces familles.  L’effet plus ou moins bénéfique de leur intervention dépendra notamment de leur intention, de leur expérience et de leur posture.

Voici tout d’abord comment j’agissais avant d’être formé :

J’ai souvent rencontré en Afrique des hommes ou des femmes qui avaient été délaissées par leur conjoint, ou qui étaient en passe de l’être pour des raisons fallacieuses[1]. Sensible à leur souffrance, liée à leur apparente impuissance, je leur ai souvent conseillé de rechercher un tiers qui puisse avoir une certaine autorité sur leur conjoint, comme par exemple l’oncle ou le chef traditionnel, le curé, le pasteur ou l’imam, le président de l’association qu’ils fréquentent, etc. Ce faisant, le conjoint, dont la parole est niée, pourra être entendu, si son propos est relayé par un autre.

Dans d’autres cas, mon épouse et moi avons rencontré des hommes ou des femmes qui nous ont confié leurs difficultés de couple, et, dans ce cas, nous nous sommes efforcés de ne pas prendre parti, considérant que nous n’avions aucune légitimité pour le faire, mais que nous pouvons écouter avec empathie la souffrance de la personne, et donner éventuellement quelques points de repères sur des situations voisines que nous avons pu vivre, en précisant bien que chaque cas est différent.

Aujourd’hui, j’ai appris à distinguer huit postures distinctes en fonction du type de mandat reçu par l’accompagnant et par la posture qu’il adopte par rapport à eux.

 Position bassePosition haute
Sans mandatParent, ami, collègue, inconnu,Gourou, donneur de leçons, parent, ami, collègue…
Avec mandat d’un conjointParent, ami, Thérapeute, Coach, Conseil conjugalParent, ami, Thérapeute, Coach, Conseil conjugal
Avec mandat des deux conjointsMédiateur ad hocArbitre
Avec mandat de la sociétéMédiateur désigné par le jugeJuge

Un de mes points de repère actuel est la conviction que toute intervention dans la vie d’un autre qui ne résulte pas d’un mandat explicite ou implicite de sa part crée une violence qui peut aller jusqu’à un viol psychique.

Le Code pénal français qualifie le viol (article 222-23) de crime et il le définit « comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». 

Parallèlement, la violence psychologique, ou morale  est une forme de violence ou d’abus envers autrui, qui peut se manifester par des paroles ou des actes qui influencent l’autre dans ses sentiments d’être aimé ou détesté. Il peut résulter un traumatisme puni par la loi de certains pays[2].

Une fois admis que le conseiller n’est pas un sauveur tout puissant qui viendrait déverser son savoir indépendamment du désir de l’autre, il reste à préciser de quel point de vue il parle à un moment donné. Ce peut être :

  • un témoin empathique, par exemple un parent, un ami, marié ou non, qui a traversé une épreuve voisine de celle de son interlocuteur et peut partager son expérience sur une situation donnée ;
  • un ami, qui ne cherche pas à apporter de réponse mais qui va montrer son amitié en aidant ainsi l’ami à se faire confiance à lui-même ;
  • un passeur, qui met en relation celui qui cherche à savoir avec celui qui sait ;
  • un guide, expérimenté par son vécu dans des situations similaires, capable d’expliquer le chemin qu’il a parcouru, tout en considérant que chaque cas est différent ;
  • un psychologue, qui rappelle des éléments de la psychologie humaine et aide la personne à comprendre ce qui se passe chez elle ou chez son conjoint, de manière plus ou moins consciente ;
  • un thérapeute,  formé à l’écoute et aux diagnostics thérapeutiques, qui peut aider une personne à se libérer de ses pathologies qui ont une influence sur le présent ;
  • un médiateur, maîtrisant les techniques pour lever les obstacles dans le dialogue rompu entre deux personnes ou groupes ;
  • Un arbitre, mandaté par les deux parties, chargé de décider d’un compromis qui lui semble juste ;
  • un juge mandaté par la société pour dire le droit par rapport à la loi ;
  • un voyeur, qui se nourrit de la souffrance des autres pour oublier la sienne, un peu comme les détraqueurs décrits dans Harry Potter ;
  • un chercheur qui essaye de comprendre les blocages de la société actuelle par rapport au mariage et d’apporter une contribution à la réflexion.
  • …/…

En dehors des juges et des arbitres, dont je ne connais pas le métier,  je crois pour ma part que le principal secret des accompagnants est leur capacité à ne pas juger, en considérant que la frontière entre le bien et le mal ne passe pas seulement entre les êtres, mais dans le cœur de chacun d’eux, et en particulier en eux-mêmes.

Pour appuyer cette approche étonnante, que j’ai découverte bien tard dans ma vie, je voudrais citer trois auteurs parmi d’autres qui furent mes maîtres :

  • Soljenitsyne  nous dit que c’est au Goulag qu’il a pris conscience que : la frontière entre les forces du bien et du mal ne passent pas uniquement entre les nations et les parties, mais en notre propre cœur ;
  • Etti Hillesum écrivait e, septembre 1942 dans ses cahiers : Quand on veut avoir une influence morale sur les autres, il faut s’attaquer sérieusement à sa morale personnelle. […]  Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les tendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres ;
  • Jean-Jacques Samuel : Il ne s’agit pas de refuser la violence, ni de s’y opposer, car elle est présente en nous aussi, mais d’élaborer une autre approche, constructive, et d’en imprégner notre mode de vie. Utiliser l’énergie des émotions pour transformer la violence en tendresse.

Examinons maintenant en quoi consistent les métiers de ceux qui font profession d’accompagner les personnes en difficulté dans leur couple.


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Source de l’image : pinterest.com

[1] Je n’oublierai jamais cette femme qui priait au Sanctuaire marial d’Abidjan, parce que son mari s’apprêtait à la quitter pour une autre, en prétextant qu’elle était une sorcière puisqu’elle avait donné naissance à un enfant handicapé. Je n’oublierai pas non plus cet homme que sa femme avait planté, en rentrant chez sa mère, tout en lui laissant la charge des enfants en bas âge, dont il ne pouvait s’occuper sans abandonner son travail et ses revenus.

[2] La loi française n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, définit la violence psychologique en des actes répétés, qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, d’une dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé physique ou mentale.

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ParYves Alain

Chapitre 6. Secrets des accompagnants

Lorsqu’une personne est en difficulté dans son couple, elle hésite généralement à demander de l’aide, sans doute par honte. Lorsqu’un d’entre eux le fait, il s’adresse en général à un parent, à ami ou à un proche, et ce dernier peut être de bon ou de mauvais conseil.

Dans le monde occidental, où les relations de famille et d’amitié se font parfois rares, les personnes en difficulté s’adressent plus volontiers à des professionnels de la relation humaine et, plus spécifiquement, à des conseils conjugaux.

Après avoir évoqué la posture de l’accompagnant, nous évoquerons différents types d’accompagnants qui ont tous une formation spécifique et qui mettent en œuvre des techniques particulières   :

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ParYves Alain

5 Epilogue du chapitre 5

Pour ma part, je n’ai pas divorcé mais j’ai vécu une rupture.

Chère Sylvie,

Un des plus forts moments de ma vie a été ma rupture avec mon analyste et les associations qu’il a créées. Elle a mûri pendant plusieurs années, et je l’ai vécue comme un divorce dont je n’ai pas terminé le deuil.

Je te suis très reconnaissant de ton attitude envers moi pendant ce temps, même si tu as fait un choix différent du mien, en restant dans le groupe. Tu as respecté ma liberté et nous avons parlé de nos choix respectifs, en partageant nos émotions, nos sentiments, nos pensées, dans le respect de nos positions respectives. 

Je te remercie également d’avoir accepté mes nombreux voyages à l’étranger, peuplés d’amis et d’amies, auprès de qui j’ai recherché le soutien que j’ai perdu dans le groupe, découvrant avec eux de nouveaux espaces, construisant des projets solides et vivant des relations émouvantes, comme si j’avais besoin d’eux pour guérir mes blessures et exercer ma fécondité.

Aujourd’hui, je poursuis mon chemin de deuil, refusant de soumettre notre couple à des forces extérieures, et acceptant ton exigence de respect par rapport à des personnes que tu continues à aimer.

A force de travailler sur la transformation constructive des conflits, j’ai reconstruit ma vie en écrivant ce livre, en devenant  conciliateur de justice, médiateur international et coach. A plusieurs reprises, nous avons rencontré des gens en souffrance et, lorsque tu étais là, ils ont toujours apprécié ton attitude, fondamentalement différente de la mienne et, visiblement apaisante, à côté de mon caractère fonceur.

J’en viens à croire maintenant que nous pouvons avoir une fécondité de couple dans ce domaine.

Je t’aime, ton mari, Alain 

Parmi tes poèmes récents, je préfère celui-ci :

Depuis tant de siècles et tant d’années

se maintient le rêve qui nous soutient

à cheval sur un destrier qui va plus loin que le soleil

nous avons rêvé de l’amour notre unique flamme et notre conquête

plus que d’empires et de pays

plus que de terres inconnues

d’animaux rares et d’étoiles

oubliées au fond du cosmos

nous avons rêvé de l’amour comme du seul chemin à vivre       
en ces aventures du monde aux quatre vents qui rient et pleurent

Mais qui pourra dire et comprendre que l’amour en sa vérité

prenant notre main pour nous emmener

vers le temps qui tremble de jour en jour

que l’amour tel qu’il se révèle après avoir ôté ses  habits chamarrés

pour un partage simple en notre vie ensemble

que l’amour notre grand désir

nous amène à considérer

oubliant châteaux et trésors

notre petitesse au fond de la chambre

et  par ce grand bonheur qui nous prend dans ses bras

                                                               nous voici dans l’humilité.

Sylvie Ducass, 30 ans de mariage

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ParYves Alain

56. Retrouvailles et réconciliation

Source = Demilked

Ce qui est le plus triste, dans une rupture, c’est qu’en général, les deux partenaires ne réalisent que trop tard, après avoir signé l’acte de divorce, partagé les meubles et loué des appartements séparés, la valeur de ce qu’ils ont perdu en renonçant l’un à l’autre. […] Les gens qui restent mariés vivent en moyenne quatre ans de plus que ceux qui divorcent[1]

En évoquant les différentes étapes de ce livre avec une amie en instance de divorce, celle-ci m’exprima son désir : « Pour moi, c’est peut-être le temps des retrouvailles !». J’ai été ému par l’espoir de cette femme, et j’aimerais vous partager ce que j’en ai compris :

Mariée avec des enfants, elle a pris l’initiative de quitter son conjoint, alcoolique, en s’inspirant de l’expérience des alcooliques anonymes[2] destinée à ceux qui ont « le désir d’arrêter de boire » ou encore « aider d’autres alcooliques à se rétablir ». Elle désirait une séparation provisoire en attendant le moment de retrouver son mari abstinent, tel qu’elle l’a connu et aimé. Celui-ci ne l’a pas entendu de cette oreille, en choisissant une maitresse plus tolérante vis-à-vis de l’alcool, et en engageant une procédure de divorce avec des avocats musclés, pour sauver un maximum d’argent en vue de sa nouvelle relation. Elle a vécu comme une guerre les attaques des avocats, et n’a pas trouvé d’aide juridique et humaine respectant son désir de réconciliation et de paix, si bien qu’elle s’est mise à préférer elle aussi un avocat musclé pour répondre aux attaques par des attaques. Elle a perdu sa maison et ses ressources, vécu de nombreuses humiliations et franchi peu à peu les étapes du deuil pour reconstruire sa vie. Cette amie a tellement grandi intérieurement que sa beauté ne manque pas de transparaître, et que son mari serait bien aveugle de ne pas s’en apercevoir.

A chaque fois qu’une épreuve survient, Catherine Emmanuel[3] invite à chercher le cadeau caché. A plusieurs reprises, j’ai entendu parler de personnes séparées qui se remettaient ensemble. J’ignore quelle est la fréquence de cette situation, qui n’est certainement pas exceptionnelle, comme on le voit en Islam :

Le divorce après lequel il peut y avoir reprise est possible deux fois, après quoi c’est soit la reprise avec bienfaisance ou la séparation en de bons termes[4]

De nombreuses personnes […] reviennent à leurs épouses, lorsqu’ils ont prononcé un divorce triple en une seule et même expression[5].

La société civile évoque aussi les regrets de personnes séparées, désirant implicitement des retrouvailles, si elles osent reconnaître qu’elles se sont trompées et qu’elles risquent l’humiliation du refus de l’autre.

Voici un extrait d’une chanson de Brassens sur ce thème :

Le surnom d’infâme me va comme un gant :
D’avecque ma femme J’ai foutu le camp,
Parc’ que, depuis tant d’anné’s,
C’était pas un’ sinécure
De lui voir tout l’temps le nez
Au milieu de la figure […]
Je bats la campagne Pour dénicher la Nouvelle compagne Valant celle-là Qui, bien sûr, laissait beaucoup
Trop de pierr’s dans les lentilles,
Mais se pendait à mon cou
Quand j’ perdais mes billes ![6]

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[1] John M. Gottman, op. cit. p. 17 & 19

[2] https://www.alcooliques-anonymes.fr/

[3] https://www.linkedin.com/in/catherine-emmanuel-b5a950112/?originalSubdomain=fr

[4] Coran, Sôurat Al-Baqarah / 229

[5] https://www.islam.ms/divorce-en-islam/

[6] Georges Brassens, Auprès de mon arbre

ParYves Alain

55. Divorcé engagé dans une nouvelle union

source = lecoeurdesmots

Pour la société civile, le divorce est admis et ne pose apparemment pas de problème. Pourtant, ses conséquences sociales sont bien étudiées et connues :

  • souffrance des enfants engendrant souvent des difficultés psychologiques, scolaires et sociales[1] ;
  • conséquences financières ;
  • la pérennité des entreprises familiales est souvent mise en cause lorsque les dirigeants divorcent.

Nous nous étendrons plus loin sur la position de l’Eglise, où la doctrine sur l’indissolubilité du mariage n’a pas changé avec le synode des évêques sur la famille, par contre le contexte de la société a changé, et le regard de l’Eglise, tout comme son langage, ont profondément évolué, notamment à l’égard des divorcés engagés dans une nouvelle union.

  • en 1917 le canon 2356, abrogé en 1983, indiquait : Les bigames, c’est-à-dire ceux qui, malgré le lien conjugal, font la tentative d’un autre mariage, du moins civil, comme on dit, sont infâmes par le fait même ; de plus, si, méprisant la monition de l’Ordinaire, ils persistent dans leur concubinage adultérin, que suivant la gravité de leur faute, on les excommunie ou qu’on les frappe d’un interdit personnel.
  • en 1981, le pape Jean-Paul II précise : Le respect dû au Sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches et aussi à la communauté de fidèles interdit à tous les pasteurs, […] de célébrer en faveur des divorcés remariés des cérémonies d’aucune sorte[2]
  • en 1992, le catéchisme de l’Eglise catholique indique au n° 1650 : Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison, ils ne peuvent pas accéder à certaines responsabilités ecclésiales
  • en 2016, le pape François écrit dans Amoris Laetitia aux n°  242 et 243 : Le regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme, inspire la pastorale de l’Église à l’égard des fidèles qui vivent en concubinage, ou qui ont simplement contracté un mariage civil ou encore qui sont des divorcés remariés. […]  Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Église, qu’elles ‘‘ne sont pas excommuniées’’ et qu’elles ne sont pas traitées comme telles, car elles sont inclues dans la communion ecclésiale. Ces situations « exigent aussi [que ces divorcés bénéficient d’un] discernement attentif et [qu’ils soient] accompagnés avec beaucoup de respect, en évitant tout langage et toute attitude qui fassent peser sur eux un sentiment de discrimination ; il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin d’eux ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité.

On observera le terme « divorcé engagé dans une nouvelle union » et non pas le terme populaire de divorcé-remarié, résultant du fait que l’Eglise ne reconnaît pas une nouvelle union comme un mariage, sauf à ce que la première union ait été reconnue comme sacramentellement invalide. Reste à savoir quelle attitude pastorale adopter en faveur de ces fidèles catholiques. Amoris Laetitia donne des pistes qui méritent d’être approfondies avec l’éclairage du texte entier et non seulement des extraits ci-dessous :

Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire en distinguant attentivement les situations, […] il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institution­nel, celles qui peuvent être dépassées. […] Cette intégration est nécessaire également pour le soin et l’éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent être considérés comme les plus importants ; [A.L. 299]

Pour ce faire, l’Eglise a mis en place de nombreux services pastoraux dans les différents diocèses, mais surtout avec des associations comme Chrétiens Divorcés[3], Miséricorde et vérité[4] ou les équipes Reliance[5] présentées au chapitre 3.

Le travail est particulièrement délicat, comme le rappelait le pape François

 Face aux situations difficiles et aux familles blessées,
il faut toujours rappeler un principe général :
‘‘Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité,
ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations’’
Le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas
et il peut exister des facteurs qui limitent la capacité de décision. [A.L. 79]

Il serait intéressant d’effectuer une enquête sur la manière dont le discernement proposé a été mis en œuvre dans les trois années qui ont suivi Amoris Laetitia. Dans l’attente de travaux sur le sujet, voici trois exemples tirés du livre de Guy de Lachaux : Union après un divorce.

La lettre de Mgr. Lebrun adressée aux personnes séparées, divorcées, divorcées remariées, membres de l’Église catholique le 8 septembre 2016[6], comporte une série de quatre demandes de pardon, suivis de considérations marquant sa sollicitude de pasteur :

  • pardon pour l’échec de votre mariage devenu l’échec d’une vie, peut-être à cause de regards portés sur vous ou d’attitudes envers vous. […] .
  • pardon pour l’indissolubilité de votre mariage devenue un fardeau que vous portez comme une condamnation. C’était pour vous un chemin de liberté, d’amour, de miséricorde, et cela doit le demeurer pour tous.
  • pardon pour le rappel de la loi qui vous atteint comme des pierres que Jésus a refusé de jeter sur la femme adultère. La loi est pourtant un chemin pour le bonheur.
  • pardon pour l’impossibilité de recevoir les sacrements pour les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union. Cela doit être un appel à vous accueillir avec plus de charité.

L’expérience des groupes de parole montre à quelle point l’attente de ces personnes est grande de ne plus être isolées de la communion ecclésiale.

La cérémonie de retour à l’Eucharistie d’un couple remarié, relaté sur le blog d’un prêtre de la Mission de France[7] montre comment et dans quelles conditions, il est possible d’accompagner des divorcés dans une nouvelle union, après le temps de discernement demandé par l’Eglise.


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[1] http://www.enfant-encyclopedie.com/divorce-et-separation/

[2] Familiaris Consortio

[3] http://www.chretiensdivorces.org/

[4] http://www.misericorde-et-verite.fr

[5] http://www.equipes-reliance.fr/

[6] https://www.la-croix.com/Religion/France/Lettre-invitation-Mgr-Dominique-Lebrun-personnes-separees-divorcees-divorcees-remariees-membres-lEglise-catholique-2016-11-02-1200800269

[7] http://www.chautard.info/2017/08/samedi-19-aout-2017-fete-du-retour-a-l-eucharistie-de-philippe-et-annie.html

ParYves Alain

54. Divorce civil et nullité de mariage

source expertise.com

Si le temps de la séparation provisoire ne permet pas de rétablir une relation conjugale saine, et, par exemple s’il y a des raisons de penser que le mariage était invalide, il faut alors se résoudre au divorce civil, suivi éventuellement d’un procès en reconnaissance d’invalidité de mariage.

Le temps préalable au divorce civil est un temps sensible, qui peut être vécu de manière responsable, pour permettre à chacun de panser ses blessures et de reconstruire sa vie.  Il peut être mis à profit pour permettre aux enfants de ne pas trop faire les frais de la séparation de leurs parents, en n’ayant pas le sentiment qu’ils ont perdu leur identité ou qu’ils sont responsables des disputes de leur parents. Il peut au contraire, être vécu de manière conflictuelle, avec des années de conflit et de violence, et le paiement de sommes très importantes[1].

Les conditions du divorce civil dépendent de la législation en vigueur dans le pays où a été célébré le mariage civil. En France, le droit prévoit une procédure de séparation de corps, trois types de divorces contentieux (divorce pour faute, pour altération définitive du lien conjugal) et un type de divorce par consentement mutuel, où les époux n’ont pas besoin de passer devant le Juge des Affaires Familiales sauf si un enfant des époux demande à être auditionné. Une convention est alors établie entre les époux avec l’aide éventuelle de leurs avocats respectifs et cette convention doit être déposée chez un notaire. Même en choisissant la voie du divorce par consentement mutuel, il existe plusieurs attitudes possibles :

  • s’efforcer de coopérer pour trouver un accord, avec l’aide éventuelle d’avocats médiateurs comme Anne Liénart, dont le slogan est « Se séparer sans conflit »
  • s’efforcer de régler rapidement la question, indépendamment de la relation qui sera probablement détériorée, avec un gagnant et un perdant ;
  • utiliser les ressources de la procédure pour se venger du conjoint, en la faisant traîner au maximum.

Actuellement, la France expérimente la mise en place systématique de « tentative de médiation familiale préalable obligatoire » (TMFPO) pour favoriser des solutions pacifiques.

S’ils sont mariés à l’Eglise, l’un des époux, ou les deux, pourront entamer une procédure en invalidité du sacrement de mariage, s’ils sont mariés à l’Eglise, spécialement s’il existe un doute sur la validité à partir des critères évoqués dans la section précédente[2]. Ils devront alors s’adresser au curé de leur paroisse, et, selon les pays et les diocèses, à la cellule diocésaine d’information, de conseil et de médiation pour l’enquête préliminaire et ensuite au tribunal diocésain ou interdiocésain appelé Officialité. Si l’Officialité estime qu’il y a des éléments qui permettent d’envisager une nullité, le demandeur sera invité à écrire un document appelé libelle, accompagné d’un mémoire relatant la vie du couple avant, pendant et après le mariage. Le procès canonique qui en résultera ne visera pas à savoir qui a raison ou tort, ni à évaluer ce qui s’est passé dans le couple depuis le mariage, mais il s’efforcera de réunir des éléments d’information et de preuve sur la nature du lien conjugal au moment du mariage. Il prononcera alors une décision sur la validité ou non du lien sacramentel, selon une procédure normale ou brève, telle qu’indiquée sur les sites internet de plusieurs diocèses, dont ceux de l’Officialité de Dijon[3] ou de Toulouse[4] ou par vidéo[5].


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[1] Frais d’avocats, pension de secours, pension alimentaire, CEEE, frais de logement, augmentation des taxes, etc.

[2] www.canonistes.org

[3] http://pastoralefamiliale.free.fr/cplnullitesdemariage.htm

[4] http://toulouse.catholique.fr/Un-mariage-peut-il-etre-annule-Les

[5] https://www.theodom.org/procedure-nullite

ParYves Alain

53. Discernement sur la validité du mariage

Témoignage de Sophie Toutée HENROTTE lors d’une procédure en invalidité

A la différence de la société civile qui reconnaît le divorce, l’Eglise catholique le refuse sachant qu’elle propose, non pas de faire annuler son mariage, mais d’en faire reconnaître l’invalidité dans des conditions bien précises.

Ainsi, le Code de droit canonique de 1983[1] traduit juridiquement la doctrine du mariage catholique, avec les canons 1055 à 1165 qui évoquent les propriétés essentielles du mariage chrétien ainsi que les conditions de validité du sacrement de mariage. Ce code et la jurisprudence qui a suivi exposent alors diverses causes susceptibles d’entraîner l’invalidité du sacrement de mariage au moment où il a été contracté :

  • Exclusion formelle de l’un des éléments essentiels du mariage (bien des époux, fidélité, indissolubilité, accueil des enfants) ;
  • Simulation du mariage, lorsqu’un des partenaires n’a pas l’intention de réaliser l’engagement qu’il représente ;
  • Absence de liberté provoquée par des pressions graves (physiques ou morales) ;
  • Tromperie concernant des questions importantes afin d’extorquer le consentement du futur conjoint (par exemple, on a caché un élément important de sa personnalité) ;
  • Incapacité de donner un consentement reposant sur un choix lucide et libre (par exemple, une grave immaturité) ;
  • Pathologie affectant le psychisme, qui empêche de mettre en place ou d’assumer une vie conjugale (par exemple, un complexe d’œdipe prégnant ou maladie psychique invalidante) ;
  • Incapacité foncière d’assumer les obligations essentielles du mariage (par exemple, un problème d’identité sexuelle) ;
  • Existence d’empêchements tels que l’impuissance, l’existence d’un lien antérieur, le mariage avec un non baptisé sans avoir obtenu la dispense préalable nécessaire, parenté légale ou par alliance, l’âge légal non respecté, etc.
  • Défaut de forme canonique de la cérémonie de mariage.

Le code fournit également des indications sur la séparation des époux, les mariages mixtes et par disparité de culte, ainsi que les modalités de préparation au mariage, mais il ne dit rien sur l’accompagnement par l’Eglise des personnes en difficulté dans leur couple à un moment donné de leur histoire.

Il précise également les règles de procédure, auxquelles l’Eglise est tenue pour discerner de la validité d’un mariage. En 2015, ces règles sont profondément modifiées avec la lettre apostolique Mitis Iudex Dominus Iesus qui vise raccourcir et à simplifier la procédure. Sans nous étendre sur ce sujet, voici un article du code de droit canonique écrit dans le but de distinguer les cas d’invalidité les plus évidents des autres cas nécessitant un approfondissement.

Art. 14 § 1. Parmi les circonstances de faits et de personnes qui permettent le traitement des causes de nullité du mariage par le procès plus bref selon les canons 1683-1687, sont comprises par exemple : le manque de foi qui peut générer la simulation du consentement ou l’erreur qui détermine la volonté, la brièveté de la vie commune conjugale, l’avortement provoqué pour empêcher la procréation, la persistance obstinée dans une liaison extraconjugale au moment du mariage ou immédiatement après, la dissimulation dolosive de la stérilité ou d’une grave maladie contagieuse ou des enfants nés d’une relation précédente ou bien d’une incarcération, la cause du mariage tout à fait étrangère à la vie conjugale ou consistant dans la grossesse imprévue de la femme, la violence physique infligée pour extorquer le consentement, l’absence d’usage de la raison prouvé par des documents médicaux, etc.[2]


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Divorce et nullité : https://www.youtube.com/watch?v=QFm0-XijRpQ

[1] Pour les Eglises orientales, il s’agit du Code des canons des Eglises orientales publié en 1990.

[2] https://w2.vatican.va/content/francesco/en/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio_20150815_mitis-iudex-dominus-iesus.html